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Européennes. Les résultats d’une stratégie suicidaire pour le pays

27 mai 2019 - Evènements

L’extrême droite de Marine Le Pen sera donc le premier parti de France à l’Assemblée européenne. C’était prévisible. Les désillusions successives des gouvernements de droite comme ceux qui se réclamaient de la gauche, avaient bien préparé le terrain. Mais Emmanuel Macron a fait plus encore, il a joué sur le renforcement de l’extrême droite pour se présenter en rempart contre la montée des extrémismes.

Les candidats de la liste d’Emmanuel Macron, comment l’appeler autrement, ont obtenu 22 % des 51 % de votants soit 11 % des électrices et électeurs inscrits. C’est dire le désaveu de sa politique. Il ne pouvait ignorer le mécontentement qu’elle a suscité depuis les premières réformes et mesures qu’il a engagées. Il a donc détourné le sens du vote en présentant, médias aidant, l’élection européenne comme un duel entre l’extrême droite et lui. Cette stratégie qui l’avait servie pour être élu à la présidentielle il l’a de nouveau expérimentée et il y a fort à parier qu’il la reconduira pour les présidentielles de 2022.

Le rejet massif de la politique d’Emmanuel Macron

Soyons clairs : ce n’est pas seulement sa politique qui a jeté des millions d’électeurs dans les bras de l’extrême droite, c’est la stratégie politique d’un président en perte grave de légitimité sociale qui a favorisé le vote pour la liste portée par Marine Le Pen. Il en porte la responsabilité, chacun devra s’en souvenir.

Dans ce nouveau rapport de forces les syndicalistes que nous sommes ne lâcheront rien de leurs revendications, de leurs attentes, de leurs espoirs. Nous ne manquons pas d’atouts. Car jamais le système économique et politique qui régit nos vies n’a été autant rejeté. Aucun des candidats n’a osé défendre la politique néolibérale à l’œuvre en France et en Europe. Tous ou presque se sont vus obligés d’invoquer le besoin d’une Europe sociale, la nécessité de la lutte contre les inégalités, contre la pauvreté, pour un développement respectueux de l’environnement… Et les candidats de l’extrême droite n’étaient pas les derniers à louer les gilets jaunes, à reprendre leurs revendications. Alors que leurs élus au Parlement européen n’ont soutenu aucune des décisions qui auraient pu améliorer le sort de ceux qui subissent les politiques des institutions européennes. Il nous faudra dénoncer ce double jeu qui trompe tant de nos concitoyens.

Des exigences sociales renforcées

Mais il nous faudra le faire au plus près des préoccupations, des difficultés, des souffrances de celles et ceux qui nous entourent, dans l’entreprise et les lieux de vie, en partant de la façon dont ils vivent leur situation et des solutions qu’ils souhaiteraient voir appliquer.

Le résultat des élections européennes n’effacera pas l’urgence sociale ni l’urgence de répondre aux défis environnementaux. Et ces urgences intéressent la très grande majorité des salariés, des retraités, des sans emploi, des travailleurs précaires, qui peuvent se retrouver si nous les y invitons dans nos actions, nos ambitions, notre combat pour une vie meilleure, une retraite digne, une société à la mesure de nos espoirs.


Pascal Santoni